A LA DÉCOUVERTE DE LA GASPÉSIE (QUÉBEC) avec Eric Plamondon : Taqawan (Quidam éditeur et Livre de poche)

PLAMONDON TAQAWANLa Gaspésie est une péninsule du centre-est du Québec, bordée au nord par le fleuve Saint-Laurent, à l’est par le golfe du Saint-Laurent et au sud par la baie des Chaleurs. Son nom vient du mot Migmaq « gespeg » qui signifie « fin de terres ». Parmi les cinq régions naturelles qui la composent, il y a, entre autres, celles de la Baie des Chaleurs et de la vallée de la Matapedia. Elle est reliée à la province du Nouveau-Brunswick par le pont Van Horne. Les Indiens Migmaq s’y sont installés il y a environ dix mille ans. Ils sont confinés dans cinq réserves et sont un peu plus de cinq mille. « Même si leur territoire, leur lieu de vie est passé de milliers de kilomètres carrés à une bande de quarante kilomètres carrés, ils sont toujours là. »

11 juin 1981. La jeune Océane, migmaq de quinze ans, voit le bus scolaire, qui la ramène de son école du Nouveau Brunswick en Gaspésie, bloqué par des forces de police qui encerclent, sur l’autre rive, la réserve de Restigouche où elle habite avec sa famille. Elle sort du bus avec quelques élèves, échappe aux policiers, traverse le pont et assiste à l’intervention brutale de la Sûreté du Québec qui arrête de nombreux Amérindiens dont son père et leur confisque des filets au nom de la régulation de la pêche du saumon. (suite…)

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A LA DECOUVERTE DE BERGEN (NORVEGE) avec Gunnar Staalesen : Où les roses ne meurent jamais (Gaïa éditions)

STAALESEN ROSESBergen. « L’habitat sur Bryggen est partagé en deux, résultat de l’initiative prise à la fin du XIXème siècle de raser toutes les maisons en bois et de les remplacer par des immeubles en brique, dans un style inspiré des vieux bâtiments commerciaux de la ville hanséatique allemande de Lübeck. (…) Se promener sur le quai par une journée pluvieuse de mars, un mois ou deux avant l’invasion massive des touristes, revenait à parcourir un mémorial à la grandeur passée, une succession de façades peintes en tons classiques : rouge, jaune et blanc. Saudalskleivane grimpait en raidillons abrupts vers Geitanken, l’un des plus beaux points de vue de tout le quartier. (…) Je fus frappé par la vue impresionnante aussi bien sur le Byffjord que sur le Herdlefjord. Je voyais Askoy, Holsnoy au nord-ouest et, encore plus loin vers le nord, Radoy et la péninsule de Lindas. (…) L’école de Gimle se trouvait dans la partie apparemment catholique de Bergen, où toutes les rues  portaient des noms de saints. Le bâtiment classique datant des années 1960, de trois  étages et à toit plat, donnait sur  St. Olavs vei.»

7 décembre 2001. Trois individus masqués, en survêtements, braquent une bijouterie. En sortant du magasin, l’un d’entre eux abat un passant après avoir eu des mots avec lui, selon un témoin. Les malfaiteurs prennent la fuite en bateau. Ils échappent ainsi à la police.

Mars 2002, une femme, Maja Misvaer, demande au détective privé Varg Veum de rechercher sa fille, Mitte, trois ans, qui a disparu, vingt ans plus tôt,alors qu’elle jouait dans le bac à sable d’une cour commune aux cinq maisons d’une « communauté d’habitations ». (suite…)

A LA DÉCOUVERTE DE SÉOUL (CORÉE DU SUD) avec Kim Un-su : Les planificateurs (Editions de l’Aube et Points policier)

KIM PLANIFICATEURSSéoul. Au nord-ouest du pays, à seulement 45 kilomètres de la zone démilitarisée avec la Corée du Nord. Avec dix millions d’habitants et une zone urbaine de 25 millions, elle est la troisième mégapole au monde après Tokyo et Mexico. « Il y a eu récemment un rassemblement international place Yeouido. » Surnommée « le Manhattan de Seoul », l’île de Yeouido se situe au milieu du fleuve Han. Avec une population très dense, elle est une sorte de jungle de béton où s’élèvent les gratte-ciels qui abritent les principales institutions politique, commerciales et financières. Le quartier Gangnam sur la rive sud du fleuve est considéré comme l’arrondissement le plus riche de la ville. Moderne, il est traversé par de larges avenues et truffé lui aussi de gratte-ciels. Plusieurs grands groupes des technologies de l’information y ont leurs sièges. Il est aussi très touristique avec de nombreux restaurants et d’autres lieux de divertissement. Kim Un-su y ajoute « les Bas Fonds » : « Ici échouent les vies  au bout du rouleau. Faussaires, contrebandiers, maquereaux, escrocs aux assurances, médecins rayés de l’Ordre, usuriers, nettoyeurs, dealers, trafiquants d’armes, trafiquants d’organes, blanchisseurs d’argent sale, sicaires, chasseurs de primes, assassins, traqueurs, mercenaires… »

Laesaeng est un jeune tueur à gages de 31 ans. Après avoir observé puis même bu force alcool et dormi dans la maison isolée d’un vieil homme, il tue cet ancien chef militaire et son chien puis les fait incinérer dans un crématoire clandestin. (suite…)

A LA DECOUVERTE DE PORTO (PORTUGAL) avec Francisco José Viegas : Le collectionneur d’herbe (Mirobole éditions et Points policier)

VIEGAS COLLECTIONNEUR« Elle avait souri mais il avait remarqué sa gêne, la même que celle  qu’il avait ressentie un mois plus tard en pleine avenue des Alliés, à Porto au milieu des touristes assis à la terrasse du café Guarany, des employés qui sortaient durant l’heure du déjeuner, des gamins qui faisaient du skate sur la dalle centrale de la place, des platanes aux feuilles douces et dorées qui masquaient la façade de la Caisse Générale des Dépôts surmontée de l’inscription République Portugaise. (…) Miguel repartit rapidement en direction de Sao Bento, puis descendit vers la Bourse, empruntant une ruelle qui le conduisit jusqu’à la place de Ribeira où il s’assit à l’abri d’un parasol. (…)  J’aimais le jardin clos et abandonné du musée Soares dos Reis, la lumière du Douro les samedis après-midi quand je me promenais à Massarelos (…) les marches le long du fleuve à Foz entre les vieux qui descendaient pour prendre le soleil et les adolescents qui flirtaient sur les langues de sable dans les rochers. »

Deux cadavres sont retrouvés à l’orée d’un bois de pins dans une voiture à demi-incendiée. Le premier est attaché par des menottes au volant. Le deuxième est enfermé nu dans le coffre. Tous deux ont été criblés de balles. Les deux victimes sont rapidement identifiées. Ce sont d’anciens militaires russes qui se sont reconvertis dans des affaires louches. Un troisième corps, celui d’une jeune femme à la peau brune, aux cheveux frisés, était à moitié enfoui dans la boue d’une rive du fleuve. Les mains liées au moyen d’une bande adhésive, l’inconnue d’une trentaine d’années est africaine et a été tuée de quatre balles. (suite…)

A LA DECOUVERTE DE GALWAY (IRLANDE) avec Ken Bruen : Le dramaturge (Editions Gallimard et Folio policier)

BRUEN DRAMATURGE« Galway était devenue une grande ville, multiculturelle, multiraciale, mais la mentalité villageoise restait profondément ancrée. Tout le monde continuait de savoir où chacun en était. (…) Au-dessus des docks de Galway se dresse une grue gigantesque qui depuis longtemps défigure le paysage. Visible de n’importe quel point de la ville, elle dit tout ce qu’il y a à dire sur le « renouveau urbain. (…)  Grattan Road a de tout temps été le parent pauvre de Salthill. Il y a une plage mais les égouts en sont dangereusement proches. Même par les journées les plus ensoleillées plane une atmosphère de grisaille. (…) Nous apercevions Eyre Square en nous démanchant le cou. Je lui parlais de la statue de Padraic O’Conaire, tout en haut, et des canaux en bronze qui la flanquaient. (…) The Crescent était un endroit impressionnant : vieilles demeures entourées de vastes jardins, avec les maisons très en retrait de la rue. »

Jack Taylor, radié de la police, détective privé sans licence et donc informel, résiste depuis plusieurs mois à la tentation de l’alcool et, accessoirement, à la drogue. Sur ce deuxième aspect, son mérite est relativement limité puisque son fournisseur est en prison, suite à une dénonciation. Celui-ci sollicite sa visite et l’engage pour faire la vérité sur la mort d’une amie qui serait accidentellement tombée d’un escalier : il ne croit pas à cette explication et est persuadé qu’il y a eu meurtre. (suite…)

A LA DECOUVERTE DE MILAN (ITALIE) EN 1968 avec Giorgio Scerbanenco : Les enfants du massacre (Editions 10/18)

SCERBANENCO ENFANTS MASSACRE« Via General-Fara. (…) Toutes les maisons de la rue étaient de vieilles maisons, et il ne leur restait plus que quelques années à vivre. Elles commençaient de s’écrouler toutes seules et nul ne songeait évidemment à faire faire la moindre réparation. (…) C’était un Milan pauvre et vieux, mais c’était encore le vrai Milan. Il s’y voyait même deux marchands de vin, deux authentiques « bistrots ».(…) Et il y avait aussi les vieilles prostituées qui venaient également boire un verre, histoire de se reposer un peu, après avoir fait et refait les cent pas dans les rues Fabio Filzi ou Vittor Pisani. (…) Et il y avait enfin la fleuriste aimable et lasse. (…) qui vendait ses fleurs sous un grand parasol, devant l’église San Gioachini. (…) Il suivit la via Nino Bixio, traversa les boulevards extérieurs puis aussi, en allant toujours droit devant lui, les anciennes fortifications. Après quoi, ayant pris une dernière petite rue, il déboucha sur la place Eleonora Duse. »

Une institutrice de vingt-deux ans qui enseigne dans un cours du soir est dénudée, violée à plusieurs reprises, violentée, martyrisée et battue à mort dans la classe par ses élèves, onze garçons de treize à vingt ans qui ont eu affaire à la justice, sont passés, pour la plupart, par des maisons de correction et ont été inscrits dans l’école par des assistantes sociales qui espéraient ainsi les remettre dans le droit chemin. (suite…)

A LA DECOUVERTE DES APENNINS TOSCO-EMILIENS (ITALIE) avec Valerio Varesi : Les ombres de Montelupo (Agullo éditions et Points policier)

VARESI MONTELUPO Les Apennins sont une chaîne de montagnes de la ceinture alpine, d’une longueur de mille kilomètres du nord au sud de l’Italie. Dans le nord, le parc national des Apennins tosco-émiliens, à proximité de Parme, s’étend sur 236 kilomètres carrés dont 164 sur l’Emilie-Romagne et 72 sur la Toscane. Fait de prairies, de landes, de lacs, de cascades et de parois rocheuses, il compta aussi plusieurs sommets et crêtes difficilement accessibles. « (Il) traversa l’âpre végétation qui avait poussé sur l’argile de la basse vallée et d’où émanait une odeur âcre de nature sauvage. (…) Il regarda vers les hauteurs et aperçut les langues de brouillard encore accrochées au versant comme la fumée d’un incendie. Au-dessus du sentier, une terrasse de roche aurifère avait cédé sous l’affront de l’humidité, glissant vers la vallée et dessinant une cicatrice profonde dans cette partie du bois. (…) Il leva son regard sur le cercle des montagnes alentour (…) et il imagina les brèches des sommets fichées dans le ventre de cette brume comme de vieilles dents. »

Au lieu de passer deux semaines de vacances sur la Côte d’Azur, le commissaire Soneri décide de revenir dans le village de son enfance, au fond d’une vallée dans les Apennins. Dès son arrivée, il se heurte à une ambiance lourde, malsaine. Des affiches placardées sur les murs que Paride Rodolfi n’a pas disparu, qu’il est en vie et en bonne santé. (suite…)

PAROLES D’AUTEURS SCANDINAVES

GREBE JOURNAL DISPARITIONLors des récents Quais du polar à Lyon, cinq auteurs scandinaves se sont vus demander comment ils choisissaient les lieux où se déroule l’action de leurs polars.

Le Norvégien Gunnar Staalesen a choisi Bergen parce qu’il pleut souvent et qu’il fait très fréquemment gris, ce  qui en fait un cadre idéal pour des polars.

La Suédoise Sara Lövestam estime que Stockholm est une très belle ville mais, pour son héros Kouplan, qui est un migrant clandestin, ce qui est beau n’est pas le plus important. Ce qui compte, c’est de pouvoir trouver des lieux où se cacher. Les grandes agglomérations s’y prêtent le mieux. De même, si les policiers sont rassurants pour Sara, Kouplan les évite.

Viveca Sten, Suédoise elle aussi, a choisi l’île de Sandhamn comme cadre des enquêtes de Tomas Andreasson et Nora Linde parce qu’elle a passé les vacances de son enfance sur cette île de l’archipel de Stockholm dans la maison qui appartient à sa famille depuis cent ans. Le lieu est paradisiaque avec un ciel bleu et un soleil jaune. Mais des événements horribles peuvent y survenir.

Camilla Grebe, encore une Suédoise, a inventé une ville fictive parce que ses habitants n’aiment pas les migrants et ont des comportements peu reluisants. Il est donc plus facile de les situer dans un lieu imaginaire, ce qui permet d’éviter « toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé ».

Jorn Horst Lier, un deuxième Norvégien, constate d’abord qu’il n’y a pas de véritable métropole dans son pays. Il a situé l’action de ses romans dans deux villes jumelles dont l’une est celle où il a travaillé comme inspecteur dans le département des homicides.

IMAGES DE SUEDE:BRAQUAGE A LA SUEDOISE

BRAQUAGE A LA SUEDOISECette série suédoise, produite en  2017 par TV 4 et FLX, a « Enkelstöten » pour titre original. Réalisée par Felix Herngren sur un scénario de Erik Hultkvist et Linn Gottridsson, d’après l’oeuvre de Tomas Arvidsson, elle a été diffusée par ARTE en avril 2019. Elle  se compose de six épisodes de 45 minutes. Ses principaux interprètes sont Sissela Kyle (Cecilia), Lotta Tejle (Jenny), Kristin Andersson (Harriett), Gunilla Röhr (la commissaire Anki), Tomas Von Brömssen (Jan) et Ralph Carlsson (Gunnar).

Cecilia, une gastro-entérologue dans la soixantaine, travaille à l’hôpital de Kalmar. A l’insu de son mari, elle a réalisé des placements malheureux en Bourse qui ont asséché les économies du ménage. Elle s’occupe d’un patient qui est en phase terminale d’un cancer. Lorsqu’elle lui apprend qu’il ne devrait pas survivre jusqu’au 16 décembre, l’homme se lamente parce qu’il avait prévu de faire ce jour-là un braquage de banque d’une facilité dérisoire. Il lui propose de le faire à sa place d’autant qu’une personne aussi honorable qu’elle ne risque pas d’être soupçonnée. (suite…)